Maximilien et Jérémy analysent leur première partie de Jeux

Posté le 11 Mar. 2026

Alors que les épreuves de vitesse viennent de s’achever, Maximilien Seeger et son guide Jérémy Mestdagh, s’apprêtent à entamer la partie technique de leurs Jeux. En cette journée de récupération, l’heure est à la prise de recul et à l’analyse de cette première partie de Jeux. 

A l’issue du Combiné Alpin de ce mardi 10 mars, la partie vitesse est officiellement terminée. Quel regard portez-vous sur vos prestations en Descente, Super G et Combiné Alpin ?

Maximilien : Nous avons pris énormément de plaisir, que ce soit en entraînement ou pendant les compétitions. C'était pour nous une première expérience exceptionnelle. Nous arrivions dans ces épreuves techniques avec un bagage très léger, parmi les plus légers de ceux qui ont participé en vitesse.

Nous sommes déçus d'être tombés en descente car nous avions beaucoup d'attentes et avions fait d'excellents entraînements. Mentalement, ce n'a pas été facile, ça a un peu frustré notre ski. Mais nous sommes très contents de notre 9e place en Super G. 

Je retiendrai surtout que nous avons réussi à adapter notre communication sur les épreuves de vitesse, qui est très différente de celle de la technique. Jérémy dispose de beaucoup plus de temps en vitesse, donc il peut vraiment me décrire ce qui se passe, et ça change énormément ma manière de skier. En technique, c'est plus de la réactivité, contrairement à la vitesse où il y a anticipation et préparation.

Jérémy : Nous avons eu de très bonnes sensations sur les pistes avec Max. Notre binôme a très bien fonctionné je trouve. Évidemment, nous avons un manque d’expérience à combler, mais nous allons travailler là-dessus. Je suis fier que nous commencions à donner une place à la Belgique sur la carte du para ski alpin. 

Vos prestations aux Jeux vous permettent d’avoir les points nécessaires pour participer au circuit principal la saison prochaine. Est-ce une manière de dire que vous avez produit ici le meilleur ski de votre carrière ? 

Jérémy : Je ne dirais pas que nous avons produit le meilleur ski de notre carrière d’un point de vue technique, mais ce sont également les courses les plus dures que nous avons jamais courues en compétition. Le niveau d’exigence est très important, qu’il s’agisse de la piste, sa longueur, la durée de descente ou du tracé. Ce sont des courses où seul le temps par rapport aux premiers compte. 

Max : Ici, tu as le benchmark le plus réel du paraski visuel. Tous les meilleurs sont présents donc les points que tu obtiens ont vraiment de la valeur. Nous aurions pu faire de meilleurs points dans des courses plus petites, mais ceux-ci n’auraient pas été représentatifs de notre niveau. Débloquer le ticket pour les Coupe du monde et les prochains Championnats du monde était un objectif que nous nous étions fixé, il est donc atteint.

Jérémy : Il faut savoir que nous nous battons pour avoir ces points depuis plus d'un an. À un moment, tu te remets en question en te demandant si tu as le niveau pour skier ces pistes-là. Puis tu arrives aux Jeux et tu le fais. Ça nous rassure vraiment sur notre niveau de ski et notre capacité.

Si vous devez tirer un ou deux grands enseignements sportifs sur base de votre expérience aux Jeux, quels seraient-ils ?

Max : Chaque course est nouvelle. Il ne faut jamais croire que parce qu'on a réussi la première, on réussira la deuxième. La concentration doit être la même de la première à la dernière course. L'énergie que prennent ces courses, avec l'enjeu qu'il y a autour, est très importante. Ça pompe énormément. On pense qu'on va gérer comme une course normale, il faut d’ailleurs la gérer ainsi, mais in fine, avec tout l'engouement qu'il y a derrière, ça prend beaucoup d'énergie.

Jérémy : Nous avons seulement 200 jours de ski dans nos vies. Nous allons un peu plus vite que prévu avec ce que nous mettons en place, mais il y a des jours incompressibles, donc il faut skier. Un gros apprentissage, c'est qu'on doit prendre confiance dans notre ski pour pouvoir mettre de l’engagement et prendre les risques qui nous permettront de faire des résultats. Ça vient en skiant plus et en acquérant de l'expérience. 

Place désormais aux épreuves techniques. Quelles sont vos ambitions pour ces deux dernières épreuves que sont le Slalom Géant et le Slalom ?

Max : Nous visons toujours la moitié du tableau. Si j'arrive déjà à ne pas sortir, je serai très content, car ces épreuves sont difficiles pour moi, je ne vois aucun piquet. Ce sont également des épreuves critiques qui se jouent en deux manches sur lesquelles tu dois te concentrer à 100%. Nous le faisons parce que nous en avons besoin pour nos épreuves de vitesse, nous avons besoin de l'enseignement technique, même si nous n'en tirons pas beaucoup de plaisir. Nous sommes plus des profils qui aiment la descente, la vitesse et la prise de risque. Néanmoins, c'est très bénéfique, et avec seulement 200 jours de ski, nous devons prendre tout ce que nous pouvons. Nous allons nous amuser sur le géant. 

Vous êtes à Cortina depuis plus de dix jours, que pensez-vous de votre expérience des Jeux en dehors des pistes ?

Max : Depuis que les courses ont commencé, ça va à 100 à l'heure. Il y a beaucoup de choses qui se mettent dans l'agenda, entre les entrainements, les soins, les médias, etc. C'est chronophage, ça prend du temps et de l'énergie, mais nous restons extrêmement positifs sur l'expérience. Voir nos proches, c'est génial. Nous attendons que nos femmes et nos enfants arrivent pour fêter ça avec eux, car c'est vraiment une explosion de joie quand on arrive en bas.

Jérémy : Sur les petites courses, il n'y a généralement pas beaucoup d'échanges. Ici, il y a une volonté d'échanger, de célébrer à la fois la performance et le fait que ce soit l'aboutissement d'un rêve ou d'un objectif pour tout le monde. Tout le monde est plutôt à la fête, même s'il y a beaucoup de concentration et d'esprit de compétition. Nous sommes contents de passer du temps avec l'équipe belge. D’habitude, nous nous déplaçons, nous faisons les courses, nous rentrons. Là, nous avons le temps de nous poser. C'est super.

En bas de la piste, il y a une tribune bien remplie. Dans le portillon de départ, vous n'entendez pas forcément le public, surtout que vous êtes dans votre bulle. Mais quand vous franchissez cette ligne d'arrivée, que ressentez-vous ? 

Max : C'est la première fois que nous avons un public et il y a vraiment beaucoup de monde. C'est génial de voir l'engouement que les gens ont pour le para sport, que ce soient les familles ou les amis. En dehors de la tribune, il y a énormément d'effervescence autour des résultats, des courses, du handicap et des projets que nous menons sur le ski, ce qui nous donne énormément d'énergie. Quand nous arrivons en bas, nous sommes super contents de pouvoir représenter la Belgique et de véhiculer l'image de deux gars qui arrivent à un objectif qu'ils se sont fixé ensemble. 

Si tu devais résumer le message que tu as envie de faire passer au grand public, quel serait-il ?

Max : Il serait très simple et serait le suivant : « Ne laissez jamais personne vous dire que vous n’y arriverez pas »

(c) Marcus Hartmann/Paralympic Team Belgium