Maximilien Seeger, porte drapeau du Paralympic Team Belgium

Posté le 04 Mar. 2026

Le skieur malvoyant, Maximilien Seeger, a été choisi pour mener la délégation belge aux Jeux paralympiques de Milano Cortina. L’annonce de cette désignation marquait l’occasion de revenir avec lui sur son arrivée au village et sa découverte de l’expérience paralympique aux côtés de son guide Jérémy Mestdagh.

Max, est-ce que tu peux nous raconter en quelques mots ton voyage vers Cortina et la découverte de l’univers des Jeux à ton arrivée dans les Dolomites ?

Une grande partie de l’équipe s’était donné rendez-vous samedi matin à Brussels Airport. Malgré l’heure matinale et le grand nombre de bagages à enregistrer, tout s’est passé de manière fluide du check-in jusqu’à l’embarquement. En arrivant à l’aéroport de Venise, je dois avouer que je m’attendais à ce que ce soit un peu le bazar, étant donnée l’ampleur de l’événement, mais nous avons été très bien accueillis par quelques bénévoles qui nous attendaient à la sortie de l’avion. Ceux-ci nous ont guidés pour récupérer nos bagages, nos skis et nos accréditations. Nous avons ensuite pris un bus avec l’équipe néerlandaise afin de nous rendre au village paralympique de Cortina dans lequel nous serons logés pendant toute la durée des Jeux.

Une fois arrivés sur place, nous avons découvert nos chambres avant de nous installer et je dois dire que l’environnement est plutôt confortable pour des structures en pré fabriqué. Tout a été conçu de manière à pouvoir être réutilisé ou recyclé une fois les Jeux terminés, une préoccupation tout à fait dans l’ère du temps.

Y a-t-il quelque chose qui t’a marqué plus spécifiquement depuis ton arrivée ?

Je trouve vraiment génial que tous les athlètes soient rassemblés à un même endroit. Jérémy et moi, nous en connaissons beaucoup grâce au circuit de compétitions, mais tous ne prennent jamais part aux mêmes pendant l’année ce qui rend l’atmosphère du village assez unique à mes yeux.

J’ai aussi été positivement impressionné par la disponibilité des bénévoles, il y a toujours quelqu’un prêt à vous aider où que vous soyez et quelle que soit votre question ou demande.  

Depuis ton arrivée, tu as eu l’occasion de découvrir les pistes et rechausser les skis après un petit break familial à l’issue de ta dernière compétition. Est-ce particulier de skier dans un contexte paralympique ?

De manière générale, nous étions hyper impatients Jé et moi de remettre les skis, quel que soit l’enjeu. Finalement, on aborde cette compétition paralympique, de la même manière que les autres compétitions auxquelles nous participons. On essaye vraiment de se concentrer la performance et ses différents aspects qu’il s’agisse de notre technique, notre communication, etc. La partie village et Jeux représente vraiment un volet séparé de celui relatif au ski et à nos performances sportives, même si nous en profitons également.

Un point qui me ravit tout particulièrement est le programme et le fait de redémarrer tout de suite avec des épreuves de vitesse qui sont celles que nous préférons Jérémy et moi. Notre premier entrainement était un parcours de Super G et il n’y a pas meilleure manière pour se remettre dans un mode intensif d’entrainement.

Ces Jeux de Milan Cortina sont vos premiers à Jérémy et toi. Comment tu vois le fait de pouvoir représenter ton pays à l’un des plus grands événements sportifs au monde ?

Pour être honnête, je ne suis pas sûr de déjà m’en rendre compte. Le village se remplit au fur et à mesure, mais on n’a pas encore été sur la piste de compétition, vu les gradins, le public, etc. Ce qui est sûr c’est que c’est l’aboutissement d’un projet qui est né avec Jérémy, alors qu’on ne savait pas encore tout ce que ça allait demander comme engagement pour pouvoir nous qualifier et ce que ça représenterait ensuite.

Pour le moment, on ne se met pas plus de pression, même si évidemment c’est une grande fierté de porter les couleurs belges ici à Cortina, synonyme de la réussite de notre projet de départ. Nous donnerons le meilleur de nous-mêmes sur chaque course avec la volonté de repartir de Cortina en ayant fait nos meilleures prestations lors de ces Jeux.

Tu t’es récemment vu proposer de porter le drapeau belge à la cérémonie d’ouverture, même si cela sera via un enregistrement vidéo. Qu’est-ce que cela représente pour toi de mener la délégation du Paralympic Team Belgium à travers ce rôle de porte-drapeau ?

Je crois que ce sera un moment spécial lorsque j’aurai le drapeau en main, même si le fait que ce soit une vidéo enregistrée doit être très différent d’une entrée dans un stade. Quoiqu’il en soit, la symbolique est très importante pour moi, c’est quelque chose que j’espérais faire, on en avait déjà discuté avec Jérémy, sans l’avoir publiquement affiché pour autant. Porter ton drapeau devant le monde entier, c’est quelque chose de très fort et un très grand honneur.

Je me rends bien compte que le contexte est particulier avec des événements terribles à plusieurs endroits de la planète, même si je suis loin d’être un expert en géopolitique. Je laisse aux autorités compétentes le soin de juger les faits et prendre les sanctions qui s’imposent par rapport aux infractions commises. Le fait que cela se déroule au moment des Jeux donnera sans doute aussi une certaine visibilité à ces drames et j’espère que cela amènera une réflexion plus globale sur les principes et l’importance de la démocratie.

En ce qui me concerne néanmoins, je suis convaincu que les Jeux cela reste un événement sportif aux yeux de la majorité des athlètes qui ne se considèrent pas comme des représentants politiques de leur pays. C’est cette conviction qui m’a conduit à accepter ce rôle de porte-drapeau, après en avoir discuté avec l’ensemble de l’équipe sur place. Il était important et indispensable pour moi que cette décision de participer à la cérémonie soit partagée par l’ensemble de notre délégation et pas juste l’acceptation ou non du rôle de porte-drapeau. Nous prendrons donc tous part à l’enregistrement prévu par l’organisation dans cette optique.